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u Le Hérisson

CLASSE: Mammifères
ORDRE: Insectivores
FAMILLE:  Erinacéidés
NOM LATIN:  Erinaceus europaeus

source image : http://www.treknature.com

Description: recouvert de piquants ; queue très courte,
peu visible ; poils bruns grossiers sur la face, le cou, le
ventre, les parties non couvertes de piquants;
longueur : 25 à 30 cm ; poids moyen : 1 kg

Habitat: Jardins, bocages, haies, parcs. d'abri : branches, broussailles, cavités...

Activité: crépusculaire et nocturne. Femelles sédentaires, mâles vagabonds. Déplacements rapides et bruyants. Bon nageur et grimpeur. Léthargie : de novembre à mars

Reproduction: Accouplement : d'avril à août. Gestation : 5 à 6 semaines. 3 à 7 petits naissent aveugles. La femelle les allaite pendant trois semaines. Sevrés vers 40 jours, la femelle les chasse à 2 mois. Maturité sexuelle : 1 an. Longévité : 8-10 ans


La vie ne manque pas de piquants

Cet animal sauvage ne fait pas peur. Sa renommée dans les livres d'enfants est à faire pâlir d'envie le loup grand et méchant ainsi que le renard rusé et pervers. Il y est montré enjoué, sympathique, peu pressé, philosophe, rigolo... Pour un peu, l'épithète "sauvage" pourrait céder la place au patronyme " animal de compagnie" . Pourtant, il ne faut pas confondre le hérisson avec le minou du foyer, notre chat au poil soyeux. Pas question d'aller caresser cette bestiole, même dans le sens des piquants ! Ceux-ci, peignés avec soin vers l'arrière lorsqu'il se sent en sécurité, sont en fait des aiguillons solides, rigides, indéformables, creux, donc très légers. Un piquant est planté pour dix huit mois. Après il tombe et se trouve remplacé par un autre. À la moindre alerte ses épines, groupées trois par trois sur son corps, se dressent dans tous les sens. La boule complète ne se forme pas immédiatement, tout dépend de la gravité de la situation. Touché par une patte ennemie, il se transforme en oursin. Pourtant on peut encore apercevoir son visage en le retournant. Une seconde plus tard, son armure se referme totalement. Cette seconde peut lui être fatal. Si le renard - ou le chien - se montre assez rapide, il peut réussir à le tuer en le mordant à la tête ou au cou. Quand il s'est totalement transformé en pelote d'épingles, seul le blaireau, à l'aide de ses pattes munies de griffes puissantes, semble être capable de décortiquer notre animal. Cette transformation en chevalier à l'armure hérissée est due à un muscle entourant son corps. Lorsqu'il se sent inquiet, le muscle se contracte et les épines se dressent. Lorsque la menace est grave, la contraction devient plus intense, si bien que tout se retrouve à l'intérieur, de la tête aux pattes sans oublier le bout du nez. Ce muscle agit comme un cordon que l'on resserre autour d'un sac bien rempli. Une fois en boule, il est impossible de saisir ranimai. Il peut rester des heures ainsi, de quoi décourager le prédateur à l'affût. Ce mode de défense, efficace contre les ennemis à quatre pattes ou ailés, semble bien dérisoire contre les ennemis à quatre roues ! Les voitures sont une cause de mortalité effarante : 10 individus tués annuellement par km de route nationale (St Girons, SFEPM 1984). Minou aussi se fait écraser parfois, mais il ne se roule pas en boule devant de telles terreurs. Si le hérisson n'est pas aussi leste que notre chat, il n'en est pas moins très mobile. À la tombée de la nuit il se met en route pour rechercher sa pitance. Il sigzague alors, explorant un coin de prairie, de jardin, suivant une lisière. Le bocage est un paradis et il n'apprécie pas spécialement la forêt. Son ouie très fine et son odorat le guident pour détecter ses proies. Pas question de compter sur sa vue médiocre, le hérisson n'a pas un œil de lynx, ni de chat. Il cherche bruyamment, museau au sol, soufflant et grognant, des invertébrés : coléoptères, perce-oreilles, mille pattes, chenilles, limaces, vers de terre, escargots (pas trop gros)...Parfois une grenouille, une souris, des oisillonsou des œufs d'oiseaux nicheurs au sol, ou encore des charognes, viendront enrichir son menu. Il peut également manger des fruits. Il s'attaque rarement aux reptiles, car leur période d'activité (diurne) n'est pas la même que la sienne (nocturne) et les rencontres sont rares. AJors effectivement, pendant cette recherche qui lui prend pratiquement tout son temps, le hérisson va d'un train de sénateur, le museau à terre et sans discrétion, parcourant tout de même un bon bout de chemin. Mais il peut se dresser sur ses pattes et piquer un sprint : jusqu'à 7,5 km/h ! Et puis, quand il le désire, il peut se montrer excellent grimpeur. Il escalade grillages, palissades, naoate sur des fruitiers, se promène sur des murs. Pour descendre, aucun problème : il se contracte en boule et se laisse tomber. Ses piquants, cordés à la base, font office de ressort et amortissent les chocs. Là, minou pourrait pâlir d'envie, lui qui parfois réclame les pompiers pour redescendre d'un arbre ou d'un toit !
Comme minou, le hérisson est un vrai sac à puces et transporte de nombreux parasites : puces mais aussi tiques et acariens. Ces parasites se transmettent difficilement à l'homme Ou aux autres animaux. Personne ne l'arrosera tendrement de produit anti-parasite, aussi il est réduit à se gratter. Ses pattes arrière très longues sont munies de trois griffes qui peuvent se faufiler entre les piquants.
Pendant la belle saison, le hérisson mène une vie trépidante : 18 h de sommeil seulement par jour ! Il passe ses journées à dormir, caché au milieu d'un tas de feuilles mortes, à l'abri d'un buisson, dans le creux d'un vieux mur, entre les racines d'un arbre. La nuit, il parcourt des kilomètres à la recherche de sa nourriture. Si Madame est casanière, Monsieur est un vagabond, un solitaire, ne possédant pas de territoire particulier. Quand la période de reproduction arrive, son odorat le guide vers la femelle. L'accouplement alors se déroule comme chez beaucoup de mammifères : l'élue rabat complètement ses piquants vers l'arrière et monsieur monte sur son dos, sans crainte d'être embroché. Puis, comme minou, il disparait dans la nature et ne s'occupera jamais de ses petits.
À la naissance, bébé hérisson ne porte aucune épine. Quelques heures plus tard, une centaine d'épines blanches et molles sortent de la peau. Elles tombent au bout de trois semaines pour être remplacées par les piquants bruns définitifs. La femelle allaite ses petits. Vers vingt cinq jours, les jeunes partent chasser leur nourriture en suivant leur mère. À cette époque, ils sont une proie facile pour le renard. Bébé hérisson ne cessera de grossir toute sa vie, jasqu'à la mort.
L'automne arrive, les premiers frimas inquiètent notre ami. Plus question de le comparer à minou : aucun coussin douillet au coin d'une cheminée ne l'attend ! Aucune assiette de croquettes non plus ! Or les vers de terre et autres bestioles s'enfouissent profondément et ne sortent plus pendant cette saison froide. La nourriture va se faire trop rare. Il va falloir songer à se construire un nid confortable et suffisamment isolé. Un tas de feuilles mortes fera l'affaire. H se glisse à l'intérieur. En s'y retournant dans tous les sens, il peigne les parois avec ses piquants créant ainsi une cavité douillette. Il peut aussi creuser un renfoncement à l'abri d'un talus, sous des branches, entre les racines d'un arbre. Dans ce cas, il apportera hii-même les feuilles. Elles seront disposées les unes sur les autres, comme des tuiles, le tout formant un habitat très bien isolé. Fin septembre, il va être victime non pas d'une chute de tension, mais plutôt d'une chute brutale de température. U va perdre 20° d'un seul coup, et se réveiller au bout de quelques jours. Ce phénomène va se produire plusieurs fois avant qu'il n'intègre son nid. Il y passera l'hiver à dormir...mais il devra se réveiller une fois par semaine sous peine de mort. Il lui faut éliminer l'acidose qui s'installe pendant les périodes d'hypothermie. À chaque fois, sa température augmente de 20 à 30°, il lui faut puiser dans ses réserves de graisse. Si lors d'un réveil ses réserves sont vides, il devra sortir se nourrir, quel que soit le temps. Alors, si rien ne s4offre à lui, ce sera la mort. L'été il doit donc obligatoirement atteindre un poids suffisant pour passer l'hiver. Il peut également se mettre en léthargie pour lutter contre une période de chaleur et de sécheresse-intense.
Un hérisson peut vivre jusqu'à dix ans. Mais sur 1000 naissances, bien souvent au bout de sept ans il n'en reste aucun. Les prédateurs naturels ne sont pas les causes d'un tel carnage. Par contre, voitures, pesticides, herbicides, ont raison de notre animal. Une fois de plus, l'homme est un prédateur redoutable.
Dans notre jardin, havre sans pesticide ni herbicide, il est facile d'accueillir cet animal sympathique et si peu dérangeant. Il suffit de lui laisser un tas de feuilles mortes, de branchages, de rondins de bois, et il sera tout content de venir manger les limaces du potager.