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u L' Aubépine monogyne

CLASSE: Dicotylédones
ORDRE: Rosales
FAMILLE:  Rosacées
NOM LATIN:  Crataegus monogyna

Noms vernaculaires : Aubépine monogyne, Noble épine, Bois de mai, Poire d'oiseau

Signes particuliers: Rameaux épineux, feuilles à 3 -7 lobes profondément dentés, fleurs régulières blanches à un style, fruit rouge à un seul noyau. Pollinisée par les insectes, l'aubépine est dispersée par les oiseaux raffolant de ses baies et rejetant leurs noyaux.

Floraison: Mai


Une luxuriance chargée de symboles


Mai le joli est de retour. Les arbres ont perdu les nuances tendres et variées du renouveau. Ils offrent maintenant un vert profond et dense. Les haies se parent de cascades éblouissantes, de longs drapés immaculés, véritables névés de fleurs. Cette blancheur vigoureuse transforma, dès l'Antiquité, cet arbuste en plante protectrice, apportant bonheur et prospérité. Il fallait à Athènes en apporter un bouquet lors des repas de noce. A Rome, des branches étaient suspendues au dessus du berceau du nouveau-né. La Chrétienté n'allait pas dédaigner un symbole si puissant : la pureté des fleurs souvent dédiées à Marie fut alliée à la douleur des épines qui formèrent la couronne du Christ. C'est sous le linceul impénétrable d'un buisson de " Noble épine " que Viviane enferma Merlin l'enchanteur. Le chevalier partant en croisade offrait à sa dame en gage de fidélité des rameaux d'aubépine liés d'un ruban incarnat. Il partait alors vers l'aventure, elle devait se contenter de trois branchettes….
L'aubépine se trouve au cœur des mythologies occidentales. Des coutumes très nombreuses (comme celles liées au 1er mai ou à la St Jean) lui sont attachées, utilisant ses deux faces :l'une enchanteresse et l'autre douloureuse. Le bouquet offert aux mariés dans nos provinces était aussi un avertissement : " Attention, beauté et plaisir passent comme la fleur ; ne restent alors que les épines ! " Son lien étroit avec la religion lui conférait des pouvoirs surnaturels : elle protégeait de la foudre et des mauvaises influences. Les petits enfants fiévreux étaient portés devant ses buissons. Le conscrit lui-même priait devant ses rameaux lors du tirage des numéros pour ne pas partir à l'armée. Les amateurs de magie y trouvaient leur content, et un rameau en fleur accroché avant le lever du jour à la porte d'une étable empêchait les couleuvres de venir téter le lait des vaches. Ce sort au moins était assuré de succès !

Cet arbuste, cet arbre même parfois, croit très lentement. Il vit en moyenne 500 ans. Pourtant certains sujets sont bien plus vieux et n'ont rien à envier à l'if. L'aubépine de St Mars la Futaie en Mayenne daterait des premiers siècles de notre ère .Ce serait peut-être le plus vieil arbre de France. Mais peut-on le prouver ? Contrairement au prunellier, ses racines ne sont pas traçantes. Ce caractère allié à sa longévité fut exploité : l'aubépine a fourni un bornage fiable et agréable. Elle servait de " pied cornier " pour délimiter les coins d'une parcelle.

Symbole de délicatesse, elle possède un bois dur comme fer : on la transforma donc en billot des supplices, recueillant la tête des condamnés. Ce bois prend une teinte rougeâtre et un beau poli. Mais les petites dimensions des troncs empêche une utilisation courante en menuiserie ou ébénisterie. C'est par contre un excellent bois de chauffage.

Ses épines dissuasives la recommandent pour constituer des haies défensives et impénétrables. Même de nos jours, quelle vache serait assez folle pour aller la brouter ? Ses fruits écarlates, les cenelles, véritables bijoux d'automne, ont un goût très fade . Ils furent pourtant largement utilisés. Réduits en poudre après séchage au four, ils procuraient une farine de remplacement, permettant la confection de pain de disette.

Son action médicale est une découverte récente. Un médecin américain la mit en évidence à la fin du 19ème siècle. Puissant tonicardiaque, elle est utilisée contre l'hyper et l'hypotension, l'artériosclérose, les infarctus, les palpitations…Tisanes, décoctions de fleurs, d'écorce, ont bien d'autres propriétés.
Atteinte par le feu bactérien, on hésite maintenant à la replanter. Il en existe de nombreux cultivars développés par nos jardiniers, et elle n'en est pas moins belle lorsque le rose remplace le blanc.


Bel aubépin fleurissant,
Verdissant,
Le long de ce beau rivage,
Tu es vêtu jusqu'au bas
Des longs bras
D'une lambruche sauvage.

Deux camps de rouges fourmis
Se sont mis
En garnison sous ta souche :
Dans les pertuis de ton tronc
Tout du long
Les avettes ont leur couche.

Le chantre rossignolet
Nouvelet,
Courtisant sa bien - aimée,
Pour ses amours alléger
Vient loger
Tous les ans en ta ramée.

Sur ta cime il fait son nid
Tout uni
De mousse et de fine soie,
Où ses petits s'écloront,
Qui seront
De mes mains la douce proie.

Pierre de Ronsard