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Arbres Remarquables
Chêne de la Lambonnière

Ces arbres, souvent creux et déformés par les ans, n'ont plus aucune valeur marchande. Ayant été témoins de la vie de nos ancêtres et de nos villages, ils pourraient sans doute raconter l'Histoire de France.

Ils appartiennent à notre patrimoine naturel et pour cela méritent notre attention et notre respect.

La localisation et la connaissance collective de ces arbres d'exception constituent leur meilleure protection. L'AFFO s'est engagée à réaliser l'inventaire des arbres remarquables de l'Orne, avec le concours de tous: adhérents, habitants, professionnels du bois, associations, collectivités...

Qu'est ce qu'un arbre remarquable ?
P
résentation du travail d'inventaire
Q
uelques exemples d'arbres remarquables ornais

Qu'est-ce qu'un arbre remarquable?

Un arbre peut être considéré comme remarquable en raison de:

- son âge,
- sa taille (hauteur de l'arbre ou circonférence du tronc),
- ses formes parfois étranges (arbres sculptés, cépées originales, têtards, émondes, alignements…),
- sa rareté dans la région,
- ou parce qu'il évoque un événement historique ou est à l'origine d'une croyance
.

en savoir plus
Présentation du travail d'inventaire

Henri Gadeau de Kerville
Présentation d'ICARE 61
Méthode de description

Henri Gadeau de Kerville (1858-1940)

Nous pouvons considérer aujourd'hui, avec un demi-siècle de recul, Henri Gadeau de Kerville comme LE naturaliste de la Normandie, un peu à la manière dont le fut et le restera encore longtemps pour le département de l'Orne son ami l'Abbé Arthur-Louis Letacq.
Pas un seul des domaines relatifs à la faune ou à la flore de notre région ne semble avoir échappé à ce naturaliste convaincu : chaque ordre animal ou végétal fut l'objet soit d'un article soit d'une étude approfondie.
Son ouvrage LES VIEUX ARBRES DE LA NORMANDIE a été édité dans le bulletin de la Société des Amis des Sciences Naturelles et du Muséum de Rouen en six tomes, entre 1890 et 1932.
Il est consacré exclusivement aux arbres les plus anciens des cinq départements normands. Il vise à mieux faire connaître ceux-ci aux promeneurs et aux curieux de la nature, et révèle à leurs propriétaires qu'il est du plus grand intérêt pour la science et pour l'histoire de notre région de conserver le plus longtemps possible ces spécimens magnifiques.
L'intérêt premier que revêt à nos yeux cet ouvrage, outre l'originalité que constitue ce type d'étude à l'échelle d'une région entière, réside dans l'extraordinaire référence scientifique et culturelle.
En effet, chaque arbre est décrit par une photographie, accompagnée d'un texte détaillant ses caractéristiques : hauteur, circonférence, âge, localisation géographique…, son histoire et parfois la légende qui s'y rapporte. Henri Gadeau de Kerville a étudié lui-même sur place chacun de ces arbres : les critères employés sont donc constants puisque issus de la réflexion d'une même personne.

 

En suivant les indications de Gadeau de Kerville, nous sommes partis à notre tour à la découverte des vieux arbres encore existants dans l'Orne ; c'est l'objet de l'ouvrage réalisé par l'Association Faune et Flore de l'Orne LES VIEUX ARBRES DE L'ORNE qui présente pour chacun d'entre eux :
• Le texte ancien rédigé par Gadeau de Kerville
• Une notice technique et un bilan de santé dressés par nos soins, accompagnés d'une carte de localisation
• Trois photographies du même arbre à différentes époques :
  - La photographie ancienne en noir et blanc, prise par Gadeau de Kerville,
  - Une photographie en noir & blanc, prise en hiver par nos soins, afin de pouvoir détailler la structure de l'arbre et apprécier son évolution,
  - Une dernière photographie en couleur, prise cette fois-ci en été et très récente.


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ICARE 61, pour une meilleure connaissance de notre patrimoine arboré

ICARE signifie : " Inventaire Continu des Arbres REmarquables". C'est une opération qui tend à regrouper sur le plan national comme sur le plan européen diverses actions qui, sous des formes différentes (concours, simples recensements, observations individuelles), ont pour objets le repérage, l'étude et la défense des arbres remarquables.

L'objectif d'un tel inventaire est triple :


- Etudier les arbres remarquables de l'Orne. Il est nécessaire d'établir par arbre un dossier avec une fiche descriptive, une documentation iconographique, des témoignages,…

- Valoriser ce patrimoine naturel auprès des élus, du grand public et de tous les amateurs d'arbres, en faisant sortir de l'anonymat les arbres révélés par cet inventaire : affiche, dépliant, circuit de découverte, voire publication plus conséquente du type monographie, etc.

- Et surtout Sauvegarder par des mesures appropriées les arbres menacés ou pouvant l'être. Les classements applicables parfois sur les patrimoines architecturaux ou paysagers ne le sont pas pour les arbres, mais il existe d'autres solutions : acquisition, convention de gestion, information des propriétaires, etc

Cet inventaire est une entreprise de longue haleine, et c'est précisément sa longue durée qui la rend passionnante: pas de date de clôture, pas de bilan définitif. Il n'y a qu'à se laisser guider par le plaisir de la découverte et le goût pour les arbres. Tous, curieux avertis ou non, sont invités à participer, car cet inventaire concerne tous ceux qu'un arbre ne laisse pas indifférent.

Quelques exemples d'arbres remarquables ornais

•Le chêne de la ferme du Tertre à Tellières-le-Plessis

Le chêne est certainement le plus connu et le plus populaire de nos arbres. Objet de nombreuses fables et légendes, il est vraisemblablement vénéré par l'homme depuis fort longtemps.
Cet arbre a fait l'objet d'une mesure de protection officielle le 22 janvier 1931 au titre des Sites Inscrits.

Caractéristiques en 1986:
  circonférence: 8,44 m
  (à 1m du sol)
  diamètre moyen: 2,69 m
  hauteur totale: 14 m
  âge: 490 à 690 ans

If de la Lande-Patry

Le premier If du cimetière de La Lande-Patry

L'If est traditionnellement en Normandie un arbre funéraire; on lui attribuait les propriétés d'assainir l'atmosphère et de protéger de la peste; sa longévité et son feuillage toujours vert symbolisent l'immortalité.
C'est le plus gros des deux ifs du cimetière. Ainsi que son voisin, il reste conforme aux nombreux descriptifs réalisés depuis plus d'un siècle. Il a peu changé, comme indifférent à la curiosité dont il fait l'objet. C'est un des plus vieux arbres de Basse-Normandie.

Caractéristiques en 1986:

  circonférence: 10,70 m
  (à 1m du sol)
  diamètre moyen: 3,40 m
  hauteur totale: 14 m
  âge: 1194 à 1694 ans


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a cépée de Hêtre "Les Onzes Frères" de la Forêt d'Andaine

Le hêtre est, avec le chêne, une des principales essences forestières de notre pays. Sa dénomination varie selon les régions: fau, fayard, fouteau,etc.
Malgré son nom, cette cépée n'est aujourd'hui constituée que de quatre "frères".

Alors qu'il était isolé dans une parcelle en 1897, il est devenu un simple sujet dans une futaie de chênes aussi haute que lui et qui le dissimule quelque peu aux regards des visiteurs.

Caractéristiques en 1988:

  circonférence: 6,60 m
  (à 1m du sol)
  diamètre moyen: 3,40 m
  hauteur totale: 14 m
  âge: 1194 à 1694 ans

Les Onzes frères
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Ces trois arbres remarquables font tous l'objet d'une description précise dans l'ouvrage publié par l'AFFO LES VIEUX ARBRES DE L'ORNE. Ces descriptions ont pu être comparées aux données recueillies par Henri Gadeau de Kerville au siècle dernier.

 

Qu'est-ce qu'un arbre " remarquable " ? et pour quelles raisons peut-il l'être ?

La réponse à cette question implique une définition rigoureuse. Or dans ce domaine où la subjectivité s'impose souvent, la rigueur n'est pas évidente, elle s'acquiert par approches successives. On peut dans un premier temps éliminer les raisons qui font qu'un arbre n'est pas forcément remarquable. Ainsi un " bel arbre " vu par un forestier, un artiste ou un paysagiste n'a pas, de droit, le label " remarquable " ; l'arbre rare, dont l'espèce a été importée de contrées éloignées, remarqué par le botaniste spécialisé n'est pas non plus un arbre remarquable, sinon les jardins botaniques en seraient exclusivement peuplés ; ce n'est pas non plus l'arbre qu'on connaît depuis son enfance et qui fait partie du patrimoine familial. Ces raisons ne sont pas des causes d'exclusion, bien entendu, mais elles ne peuvent à elles seules définir un " arbre remarquable " tel que l'on doit l'entendre.

Un arbre remarquable est avant tout un arbre très exceptionnel. Il doit soulever l'admiration ou l'intérêt de façon immédiate. Le choc émotionnel n'est pas à éliminer, le coup de foudre en quelque sorte même si cet aspect comporte une lourde charge de subjectivité…mais ce qui parait essentiel c'est que le choc ou l'intérêt ne soit pas le fait de la spécialisation de l'observateur. Tout individu doit, devant un arbre remarquable, éprouver un sentiment de surprise ou d'admiration ou bien encore de curiosité…l'expérience montre que lorsqu'on fait découvrir un tel arbre à qui que ce soit, la réaction ne trompe pas. C'est un excellent critère objectif d'une référence subjective !

Un arbre peut être remarquable par bien des caractères. Ceux-ci sont très nombreux et on peut, grosso modo, les diviser en deux catégories : les caractères proprement biologiques et les caractères liés aux relations qu'il entretient avec la société humaine.

Parmi ces caractères considérés comme simplement biologiques on peut citer l'âge, la taille ou la forme.
Nous ne possédons pas d'arbres qui atteignent des âges records tels que les pins " bristlecone " des montagnes Blanches de Californie dont l'âge actuel est certifié d'au moins 4900 ans ! Mais nous avons de vénérables chênes qui dépassent les 1000 ans et qui peuvent atteindre les 2000 ans. On peut citer parmi les plus vieux, le chêne de Montravail près de Saintes (Charente-Maritime) ou celui de tronc Joly à Callac (Côtes d'Armor), celui d'Allouville-Bellefosse ou de Soquentot en Seine Maritime… Parmi les plus vieux arbres de France on note les aubépines dont la croissance est lente (à Saint-Mars-sur-la-Futaie en Mayenne ou à Bouquetot dans l'Eure), des ifs dont ceux des vieux cimetières de Normandie qui dépassent souvent les 1000 ans, des oliviers tel celui de Roquebrune-Cap Martin dans les Alpes-Maritimes ou des châtaigniers millénaires comme ceux proches de Pont-l'Abbé dans le Finistère. Mais il faut prendre en compte l'espèce de l'arbre considéré : si un chêne de 200 ou 300 ans n'est pas très remarquable, un arbre fruitier (poirier, cerisier ou pommier) de cet âge mérite la remarquabilité. On pourrait multiplier les exemples.

Le très grand âge va souvent de pair avec une taille exceptionnelle, mais ce n'est pas une régle absolue. Les vieilles aubépines n'ont pas des mensurations extraordinaires. Là non plus, nous ne possédons pas des géants de 110m de haut (les séquoias de Californie) ou de 40m de circonférence (un Taxodium au Mexique) mais quelques conifères peuvent dépasser 50m (certains séquoias de Haute-Vienne ou les sapins Président du Jura) et des chênes de 40m (dans les belles futaies de la Sarthe ou de l'Allier). Les vieux chataigniers, les chênes très anciens et les tilleuls historiques dépassent 10 m de circonférence de tronc à hauteur d'homme (1,30m).
La forme enfin peut constituer un caractère de remarquabilité tant les excentricités de la nature attirent l'attention, l'étonnement et la curiosité.
Dans cette catégorie on peut évoquer les cépées monstrueuses (le chêne-cuve près de Rouen), les troncs contorsionnés des faux (=hêtres) de Verzy dans la montagne de Reims ou les racines aériennes des hêtres des fossés cauchois…

Mais il faut grader en mémoire cette remarque importante : un inventaire des arbres remarquables n'est ni un livre des records ni une galerie de monstres !

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